Territoires et ressources des compagnies en France

La recherche Territoires et ressources de compagnies en France, co-pilote par Daniel Urrutiaguer et Philippe Henry apporte des lments d’explicitation et de comprhension affine du fonctionnement de ces organisations au sein de la filire du spectacle vivant. Elle permet de mieux apprhender les mcanismes actuels de valorisation symbolique et conomique de la production artistique et culturelle des compagnies du spectacle vivant, hors ensembles musicaux et vocaux.


Territoires et ressources des compagnies en France

Elle constitue la premire contribution l’appel propositions de recherche portant sur la mise jour approfondie d’une cartographie socio-conomique du spectacle vivant », lanc en 2009 par le Dpartement des tudes et de la prospective et des statistiques (DEPS), la demande de la Direction gnrale de la cration artistique du Ministre de la culture et de la communication.

L’tude porte sur l’analyse des liens entre la distribution territoriale des activits des compagnies et la structure de leurs ressources, montaires et non montaires. Un rsultat central porte sur la construction d’une typologie selon l’importance relative de la rgion de domiciliation et d’implantation des compagnies dans la diffusion de leurs spectacles. Ce critre se rvle plus discriminant que le niveau de budget, le genre artistique ou encore la composition de la direction artistique. L’ancrage rgional constitue cependant, pour tous les profils de compagnies, l’origine dterminante (voire exclusive) de leurs ressources. Par ailleurs et pour les compagnies prises dans leur ensemble, les tablissements culturels de ville non labelliss par le Ministre de la culture et de la communication ainsi que les organisations non artistiques assurent la majorit de leurs dbouchs. Une corrlation positive apparat aussi entre, d’une part, la capacit dplacer le centre de gravit de la diffusion des spectacles vers l’espace national ou international et, d’autre part, l’importance des cessions aux tablissements culturels labelliss, qui sont de fait les plus rmunrateurs, comme la probabilit d’tre conventionn par une Direction des affaires culturelles (Drac). D’autres lments, en particulier sur l’importance de l’action culturelle, la place des rsidences, la structure de l’emploi, le recours l’externalisation des tches administratives, les tensions propres la filire du spectacle vivant... prcisent les constats et compltent l’analyse.

Plus largement, l’tude dgage un cart problmatique entre la priorit institutionnelle donne l’excellence artistique sur la territorialit et le fonctionnement de la majorit des compagnies. Elle pose galement la question du rle actuel de la coopration entre compagnies et entre les diffrents acteurs de cette filire bien vivante, mais confronte de relles ncessits d’ajustement.

Philippe Henry a t Matre de confrences, HDR au dpartement Thtre de l’Universit Paris 8 – Saint-Denis. Il poursuit dsormais titre personnel ses recherches sur la socio-conomie du spectacle vivant et les dmarches artistiques en lien avec des populations d’un territoire donn. Il est membre fondateur d’Autre(s)pARTs et membre d’Af/Ap. Contact : phenry4@wanadoo.fr, (+33)143794346, 77 rue de Charonne - 75011 PARIS.

Mis à jour le lundi 16 avril 2012